|
|
Voici quelques réflexions sur le cas d'un petit
garçon de 8 ans que nous appellerons Garik. Il est amené
en consultation par sa mère pour des difficultés de sommeil
: Depuis le tremblement de terre,
"Il ne dort pas seul, il ne veut pas qu'on éteigne la lumière.
Il ne dort qu'à la condition d'être avec moi".
Sa mère le dit nerveux :
"Il dessine dans sa chambre pour se calmer".
Lors de la conception de Garik, il y eu un conseil de famille, réuni
pour statuer sur cette prochaine naissance. Au cours d'un conseil de famille
réuni, La belle-soeur énonça clairement et fermement
le désir de la mère: «Si elle ne le veut pas, qu'elle
ne le garde pas", induisant, chez la mère la réponse
: "donc, je le garde". Ce qui nous permet de déduire
la structure grammaticale de son fantasme : "Ce n'est pas moi qui
désire sa mort, c'est elle... donc, je le garde".(et ) Elle
s'érige maintenant en protectrice de son "objet.
Nous allons retrouver la trace de ce moment traumatique dans une série
d'événements où le tremblement de terre viendra s'inscrire.
Le premier événement est l'épisode du refroidissement
de la mère au sixième mois de La grossesse. Ce moment se
cristallise autour de la toux. Sa mère (qui), en toussant, (Elle
risquait en toussant, de lâcher l’enfant.)
Le deuxième événement est la tentative de sevrage,
au dixième mois. Ce moment se cristallise autour de l'instant où
la mère croit l'enfant mort.
Le troisième événement est l'épisode de la
toux cette fois-ci de l'enfant, qui entraîne son hospitalisation
avec sa mère. Ce moment se cristallise sur la « toux »,
cette fois-ci, c'est l'enfant qui risquait de lâcher sa mère.
Le quatrième événement est celui du tremblement de
terre où il échappe, encore une fois, à la mort.
A la suite de quoi, encore une fois, se réactualise l'impossible
séparation de la mère et de l'enfant : évacuation
conjointe au bord de la mer Noire, refus de dormir seul.
Au cours d'une séance, Garik nous dit qu'il a fait de nombreux
rêves sur le tremblement de terre, surtout durant son séjour
au bord de la mer Noire.
IL rêve : "Il y avait un grand mur. On a mis des pierres et
de la boue pour le fermer. A ce moment-là un autobus passait. Il
y a eu un tremblement de terre, l'autobus est tombé dans le ravin,
et là, je me suis réveillé".
Dans son (ce) rêve, la lim
ite est marquée par la figure de mur. Celle-ci fait bord au corps
de la mère où la castration maternelle est présentifiée
par le trou qu'il doit colmater par des pierres et de la boue. Ce rêve
montre sa position subjective face à la castration de l'Autre maternelle:
A l'aide de ces objets, il en colmate le trou pour préserver sa
vie.
Un jour, sa mère l’accompagne à la séance en
tenant sous son bras, avec fierté, ses plus beaux et plus grands
dessins, avec l'intention de nous montrer ce dont il est capable. Dialectique
qui ne nous échappe pas car elle n'est pas sans évoquer
son rêve où il colmata la béance maternelle. Les dessins
se situent dans un rapport de similitude avec les pierres et la boue.
Ceci nous permet de déduire la place que ses dessins occupent dans
son économie psychique.
Ses dessins viennent "colmater" sa mère
tout en lui apportant un peu de calme.
Les phénomènes psychosomatiques de sa prime enfance permettaient
d'assurer le lien mère-enfant. Quand Garik a eu accès à
la symbolisation, ses phénomènes corporels ont put être
relayés par une production hors-corps, « les dessins »,
comme redoublement de lui-même.
|